Quitire plus vite que son ombre mais n'est pas plus fier pour ça ? En deux mots, quel est le nom de ce cow-boy simple et sympa ? Lucky Luke Dans le dĂ©filĂ©, dĂ©file sans mĂ©fiance la lĂ©gion, Pour l'indien, c'est un dĂ©fi, il faut se faire le grand canyon Quel est l'homme aux doigts agiles qui, tout en se recoiffant, Va scalper d'un coup d' fusil toute une armĂ©e de TransformĂ©en cow-boy qui tire plus vite que son ombre, Jean Dujardin livre une composition Ă©tonnante et crĂ©dible de Lucky Luke, en accentuant avec une bienveillante dĂ©rision les traits de LuckyLuke, un film de James Huth avec Jean DujardinMichaĂ«l YounSylvie Testud. Synopsis : Il est ''l'homme qui tire plus vite que son ombre''. Lucky Luke. Le seul, l’unique. L’aventurier intrĂ©pide est missionnĂ© par le PrĂ©sident pour rĂ©tablir l’ordre Ă  Daisy Notreverdict : 8.5 / 10 - Ce Lucky Luke, un sacrĂ© Bonhomme ! C’est le premier album Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e Ă  ne rater sous aucun prĂ©texte. Lucky Luke fĂȘte ses 70 ans en 2016. Et Ă  l’image des 75 ans de Spirou, c’est une annĂ©e de cĂ©lĂ©bration durant laquelle on pourra retrouver rĂ©guliĂšrement dans l’actualitĂ© l’homme qui tire plus vite que Estce que Lucky Luke peut vraiment tirer plus vite que son Ombre? PremiĂšre partie: 1) Quelle est la vitesse de propagation de la lumiĂšre? .. 2) Par consĂ©quent, quelle est la vitesse de dĂ©placement de l'ombre? .. 3) Lucky Luke est capable de dĂ©gainer en 1/10Ăšme de seconde. A quelle distance doit-il se trouver par rapport au mur pour Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd. PubliĂ© le 21/10/2009 Ă  0721 , mis Ă  jour Ă  0736 L'acteur Jean Dujardin incarne le plus cĂ©lĂšbre des cow-boys solitaires dans "Lucky Luke", film français de James Huth, dans une libre adaptation des aventures du hĂ©ros incorruptible de la bande dessinĂ©e de Morris et Goscinny. Le film, qui sort mercredi en France, a Ă©tĂ© tournĂ© en Argentine avec les moyens d'une superproduction dans des dĂ©cors naturels dignes des westerns hollywoodiens, et se rĂ©vĂšle un spectacle familial de pur divertissement Ă  la rĂ©alisation ambitieuse et soignĂ©e. Il est servi par une brochette d'acteurs parmi les plus populaires Jean Dujardin, cĂ©lĂšbre notamment pour son rĂŽle d'espion OSS 117, ainsi qu'Alexandra Lamy, son Ă©pouse Ă  la ville, Michael Youn et Daniel bĂ©mol les fans seront sans doute déçus de l'absence des Dalton et de en cow-boy qui tire plus vite que son ombre, Jean Dujardin livre une composition Ă©tonnante et crĂ©dible de Lucky Luke, en accentuant avec une bienveillante dĂ©rision les traits de caractĂšre de ce hĂ©ros scĂ©naristes James Huth, Jean Dujardin et Sonja Shillito ont prĂ©fĂ©rĂ© Ă©crire une histoire originale plutĂŽt que de piocher parmi les histoires clĂ©s en mains des albums de la sĂ©rie nĂ©e en 1946 et dont les droits cinĂ©matographiques appartiennent Ă  UGC, producteur du Luke qui, pour la premiĂšre fois tombe amoureux, est chargĂ© de rĂ©tablir l'ordre Ă  Daisy Town, sa ville natale quelque part dans l'Ouest. Il devra affronter tour Ă  tour Billy The Kid, Pat Pocker, Jesse James mais aussi la redoutable Calamity Jane interprĂ©tĂ©e par la comĂ©dienne Sylvie Testud, inattendue dans ce type de comĂ©die et ce total contre-emploi, bien pensĂ© et jubilatoire."C'est une comĂ©die western d'aventures, dans cet ordre. On a extrait l'Ăąme de la BD pour la traduire en Ă©motions et adapter Lucky Luke sans le trahir", explique le rĂ©alisateur James Huth "Brice de Nice", Ă©galement avec Jean Dujardin."J'aimerais que Morris et le spectateur aient l'impression de renfermer un album en sortant de la salle de cinĂ©ma. Porter Ă  l'Ă©cran Lucky Luke est un rĂȘve de mĂŽme qui se rĂ©alise, quelque chose de trĂšs intime", l'Ă©cran, James Huth signe une mise en scĂšne trĂšs Ă©nergique et burlesque, et entraĂźne dans un spectacle total, aux dĂ©cors impressionnants."Adapter une BD est le meilleur moyen de nous faire taper dessus. Nous avons pris des libertĂ©s avec le personnage mais je pense que nous l'avons respectĂ©. Je n'ai jamais doutĂ© d'ĂȘtre Lucky Luke. C'est trĂšs prĂ©tentieux de dire ça mais je savais que je pouvais l'incarner", confie Jean Poupaud en Jesse James et Jean-François Balmer dans le rĂŽle du gouverneur, complĂštent la distribution."Je devais Ă  Morris et Goscinny un vrai film Ă  la hauteur de l'aventure", dit encore James Huth. "C'est pour cela que je voulais que Lucky Luke soit Ă  la fois une comĂ©die, un film d'aventures, un voyage et un vrai parcours de hĂ©ros".Au cinĂ©ma, en dehors de dessins animĂ©s, Terence Hill avait incarnĂ© Lucky Luke en 1991, mais le film avait Ă©tĂ© un Ă©chec. En France, seul jusqu'ici le duo d'humoristes Eric et Ramzy s'Ă©taient intĂ©ressĂ©s au mythe dans leur comĂ©die dĂ©jantĂ©e "Les Daltons", rĂ©alisĂ©e par Philippe Haim en 2003. Les Aventures de Lucky Luke d'aprĂšs Morris Tome 7 AlbumEnfin le grand retour de Lucky Luke ! Dans La Terre Promise, Jul et AchdĂ© ont assignĂ© une mission rocambolesque Ă  l'Ă©ternel Luke doit escorter toute une famille de juifs d'Europe de l'Est Ă  peine dĂ©barquĂ©s du bateau Ă  Saint Louis jusqu'aux confins de l'Ouest sauvage ! Jusqu'alors, l'homme qui tire plus vite que son ombre avait dĂ©jĂ  cĂŽtoyĂ© de sacrĂ©s prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La GuĂ©rison des lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s'occuper de ses parents Ă  qui il n'a pas osĂ© avouer qu'il Ă©tait cow-boy et qui le croient avocat Ă  New-York, Lucky Luke n'Ă©coute que son un grand-pĂšre religieux obsĂ©dĂ© du shabbat, une mamma dĂ©cidĂ©e Ă  gaver Lucky Luke de carpe farcie, une jeune fille prude qui cherche le mari idĂ©al avocat ou mĂ©decin, mais bon, cow-boy ça va aussi, et un gamin turbulent plus intĂ©ressĂ© par le Far-West que par sa Bar Mitsvah, le voyage promet d'ĂȘtre joueurs de poker, attaques d'indiens fĂ©roces la tribu des "Pieds Noirs" a mauvaise rĂ©putation, tout l'univers de Lucky Luke va ĂȘtre confrontĂ© Ă  ce choc des Ă  la fin du voyage, c'est autant notre cow-boy solitaire que sa nouvelle famille d'adoption qui auront appris Ă  surmonter les Ă©preuves et les produit en la catĂ©gorie Humour. Notre comparateur vous permettra choisir le meilleur produit au meilleur d'informations sur ce productPlus d'informationsToutes les informations du album sur le web du fabricant Pages Dans la caractĂ©ristique "Pages", Ce article a une valeur de 48 Pages dans le marchĂ© il y a un de produits avec la mĂȘme valeur de Pages, peut trouver un de articles avec une valeur plus Ă©levĂ©e de Pages et peut trouver un de articles avec une valeur infĂ©rieure de Pages. La rĂ©partition de produits est le suivant DĂ©tail de couverture d'Un Cowboy Ă  Paris, le nouveau Lucky Luke - Dargaud 2018Le cowboy qui tire plus vite que son ombre revient avec un nouvel album, Un cowboy Ă  Paris, en librairies ce vendredi 2 la premiĂšre fois de sa carriĂšre, Lucky Luke dĂ©barque en France. Toujours signĂ©e Jul scĂ©nario et AchdĂ© dessin, cette nouvelle aventure intitulĂ©e Un cowboy Ă  Paris Ă©voque l’histoire vraie de la Statue de la LibertĂ© offerte par la France aux Etats-Unis pour cĂ©lĂ©brer le centenaire de la DĂ©claration d'indĂ©pendance avoir escortĂ© une famille juive vers la terre promise dans sa derniĂšre aventure, le cowboy le plus rapide de l’Ouest est chargĂ©, par l’architecte Auguste Bartholdi, de protĂ©ger la Statue de libertĂ© des griffes d’un directeur de pĂ©nitencier qui rĂȘve d’ériger Ă  sa place, Ă  New York, une prison. L’idĂ©e vient de Jul"Quand je me suis rendu compte que ça correspondait Ă  la pĂ©riode historique dans laquelle Ă©volue Lucky Luke, je me suis dit que c’était dingue que personne n'en ait jamais parlĂ©. Lucky Luke en garde du corps de la Statue de la LibertĂ© s’est presque imposĂ©."Un bout de la Statue de la libertĂ© © Dargaud 2018Pour AchdĂ©, le dessinateur des aventures du plus belge des cowboys depuis 2001, l’album a reprĂ©sentĂ© un vĂ©ritable dĂ©fi technique "Il fallait faire rentrer 90 mĂštres dans 12 centimĂštres! Et Jul m’a gĂątĂ© dĂšs la page 2, j’ai dĂ©jĂ  une case avec uniquement la main et la torche!" Il ajoute"À la fin de l’album, on se retrouve aussi avec une scĂšne de poursuite. En deux cases, vous avez toute la Statue de la LibertĂ© - basĂ©e, bien sĂ»r, sur des documents existants. Pour l’intĂ©rieur, ça a Ă©tĂ© compliquĂ©, il a fallu chercher de la documentation Eiffel, parce que c’est Gustave Eiffel qui a fait la structure interne."Des rĂ©fĂ©rences Ă  Cabu et Ă  GotlibL’histoire se partage entre l’Ouest sauvage et le Paris des annĂ©es 1880. Le tout Ă©tait de trouver le bon Ă©quilibre entre les deux univers "On avait envie de raconter cette histoire Ă  Paris, mais pas que ce soit un catalogue de situations", poursuit Jul. À Paris, les deux compĂšres font visiter Ă  Lucky Luke l’OpĂ©ra Garnier, l'hippodrome de Longchamp
 Et le cowboy croise aussi Victor Hugo et Emma Luke Ă  Paris © Dargaud 2018Que serait un Lucky Luke sans rĂ©fĂ©rence Ă  la culture populaire? Le duo a ainsi glissĂ© des hommages plus ou moins discrets Ă  Hitchcock La Mort aux trousses, La CinquiĂšme colonne, James Bond, Crocodile Dundee, Fanfan la Tulipe, Tintin, Gaston Lagaffe, Victor Hugo, Cinquante nuances de Grey et La ChĂšvre, le classique de Francis Veber avec Pierre Richard et GĂ©rard mĂ©chant, Locker, ressemble quant Ă  lui Ă  l’acteur amĂ©ricain Edward G. Robinson, connu pour ses rĂŽles de mĂ©chants dans les films noirs des annĂ©es 1940 et 1950. "Il ne fallait pas qu’on ait un personnage qui ressemble Ă  Trump", prĂ©cise hommage cachĂ© celui rendu aux maĂźtres du 9e Art. Lorsque Lucky Luke passe devant la Sorbonne, il croise le dessinateur de Superdupont Alexis, le maĂźtre de la SF Philippe Druillet et le cofondateur de Charlie Hebdo Cabu. Le "cul de lampe", l’illustration prĂ©sente sur la page de garde, est aussi un petit clin d’Ɠil Ă  Marcel Gotlib, mort pendant la conception de l’album, en reprenant un de ses personnages de Ă  Alexis, Druillet Cabu. © Dargaud 2018"C’est le plaisir du clin d’Ɠil pour donner du plaisir au lecteur", commente AchdĂ©. "C’est une sĂ©rie qui se perpĂ©tue dans le temps. On garde un Lucky Luke. MĂȘme s’il y a des petites rĂ©fĂ©rences, elles sont tellement ancrĂ©es que l’on s’en rappellera encore dans dix ans."Comme LibĂ©rĂ©e, dĂ©livrĂ©e, l’entĂȘtant tube de La Reine des neiges de Disney que chantent des dĂ©tenus dans l’album. Le dessinateur acquiesce "Ça a cassĂ© les pieds Ă  toute une gĂ©nĂ©ration et je pense qu’elle va s’en souvenir." "Ça restera comme Il en faut peu pour ĂȘtre heureux", ajoute Jul. “Il ne faut pas que ce ne soit qu’un exercice de style. Ça ne marche, selon moi, que si on a une histoire forte qui nous entraĂźne."Des rĂ©fĂ©rences aux attentats de 2015Si les auteurs multiplient gags et rĂ©fĂ©rences, ils mettent aussi Ă  mal le personnage créé par Morris "Lucky Luke doit ĂȘtre le gendre idĂ©al, sauveur de la veuve et de l’orphelin, mĂȘme si lĂ  on essaye de l’incarner avec plus d’émotions", prĂ©cise le scĂ©nariste. "Il se retrouve ainsi avec une chaussette trouĂ©e quand il se fait fouiller Ă  l’entrĂ©e du pĂ©nitencier, il vomit dans le bateau
 On n’est pas forcĂ©ment habituĂ© Ă  le voir faire ça."Si le hĂ©ros de la BD franco-belge apparaĂźt plus humain, l’histoire fait aussi Ă©cho Ă  l’actualitĂ© la plus sombre. L’ombre du 7-Janvier et du 13-novembre plane sur l’album. Impossible de ne pas penser aux attentats dans ce Paris oĂč la Statue de la LibertĂ© est victime d’un attentat Ă  la LibertĂ© assassinĂ© © Dargaud 2018"Cet air du temps est vachement prĂ©gnant", confirme Jul. "En ça, je ne voulais pas que ça paraisse artificiel. Quand j’ai des idĂ©es qui me paraissent un peu plaquĂ©es, un petit peu dĂ©calĂ©se, pour parler d’aujourd’hui et de Lucky Luke, je les enlĂšve d’un scĂ©nario. LĂ , ça racontait quelque chose d’existant dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque. Ce dĂ©sir de sĂ©curitĂ©, ces constructions de prisons idĂ©ales, ce sont des problĂ©matiques qui existaient dĂ©jĂ . Les premiers attentats Ă  la bombe, on les dĂ©couvre aussi Ă  ce moment-lĂ . On est les enfants de cette longue histoire. Le terrorisme n’est pas tombĂ© du ciel aujourd’hui. Et c’est rassurant de s’inscrire dans une longue histoire, que nos pĂšres ont eu Ă  faire face Ă  ces problĂ©matiques-lĂ ."Jul voulait parler du Bataclan dans Un cowboy Ă  Paris. Avant d’ĂȘtre une salle de concert, "c’était aussi le nom d’une opĂ©rette, qui est contemporaine de notre intrigue. J’ai voulu lui rendre un hommage discret sur une colonne Morris, puis je me suis dit qu’il ne fallait pas tout mĂ©langer", indique le scĂ©nariste, qui rĂ©vĂšle avoir Ă©galement supprimĂ© de son scĂ©nario un autre gag plus d’un attentat Ă  la bombe, la Statue de la LibertĂ© a le visage cachĂ© par un foulard. Une case devait montrer une manifestation de suffragettes contre le port du voile sur les statues. Le gag, que Jul trouvait "marrant", a finalement Ă©tĂ© "retoquĂ© par tout le monde" "c’était plus une blague Silex and the City", concĂšde Jul. "Tu as bien fait", lui lance AchdĂ©. Afficher / masquer la barre latĂ©rale Basculer la table des matiĂšres DĂ©finition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire. VoilĂ  prĂšs de 75 ans que Lucky Luke tire plus vite que son ombre aux quatre coins du Far West. Pourtant, malgrĂ© son importance historique dans l’histoire amĂ©ricaine, la communautĂ© noire Ă©tait quasi inexistante dans la sĂ©rie créée en 1946 par Morris et Goscinny. Les bĂ©dĂ©istes AchdĂ© et Jul ont dĂ©cidĂ© de changer la donne avec leur plus rĂ©cent album Un cow-boy dans le coton. Discussions avec les auteurs et avis de deux spĂ©cialistes en histoire. Lorsqu’il a repris le flambeau pour Ă©crire les nouvelles aventures de Lucky Luke avec AchdĂ©, Julien Berjeault, alias Jul, a Ă©tĂ© le premier Ă©tonnĂ© de l’absence des Noirs dans l’Ɠuvre phare de Morris, malgrĂ© les quelque 80 albums publiĂ©s jusqu’ici. J’ai vite rĂ©alisĂ© qu’il y avait deux thĂšmes qui Ă©taient incroyablement absents sauf en de rares occasions, il n’y avait aucun juif et aucun Noir dans Lucky Luke. Ça m’a frappĂ©. C’est Ă©norme vu l’importance de ces deux communautĂ©s dans l’histoire du continent amĂ©ricain. » Les juifs amĂ©ricains ont pris la place qui leur revenait dans le premier album de Lucky Luke que Jul a scĂ©narisĂ©, Terre promise, paru en 2016. Restait Ă  trouver une idĂ©e pour faire entrer par la grande porte les Afro-AmĂ©ricains dans la cĂ©lĂšbre sĂ©rie. Lucky Luke n’ayant presque jamais visitĂ© les États du Sud dans sa longue carriĂšre de cow-boy solitaire, Jul a dĂ©cidĂ© de planter l’album en 1870 cinq ans aprĂšs l’abolition de l’esclavage, dans les bayous et les plantations de la Louisiane. DĂšs le dĂ©but du rĂ©cit, Lucky Luke reçoit un cadeau empoisonnĂ© lorsqu’il hĂ©rite d’une plantation de coton dans le Sud. Il souhaite cĂ©der les terres aux ouvriers, mais son ami et marshal adjoint Bass Reeves le prĂ©vient lĂ -bas, rien ne se passe comme prĂ©vu, surtout que les cicatrices de la guerre de SĂ©cession sont toujours fraĂźches. Étant lui-mĂȘme Noir, il en sait quelque chose
 Sur place, Lucky Luke dĂ©couvrira rapidement qu’entre la mĂ©fiance des ouvriers et les vellĂ©itĂ©s de ses voisins suprĂ©macistes blancs, il nage dans une vĂ©ritable mare aux alligators. IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton Cet album a Ă©tĂ© l’occasion de questionner le canevas classique de la sĂ©rie il y a un problĂšme, Lucky Luke arrive sur place, rĂšgle le problĂšme et repart vers le soleil couchant. Ç’aurait Ă©tĂ© malhonnĂȘte de faire ça ; Lucky Luke ne peut pas rĂ©gler le racisme. Il n’y a pas de happy end possible ici quand on voit ce qui se passe aux États-Unis actuellement. J’ai donc dĂ©cidĂ© d’inverser le canevas. Jul, scĂ©nariste C’est Lucky Luke qui a un problĂšme et les personnages qui vont l’aider sont ceux qu’on attendait peut-ĂȘtre le moins
 », raconte Jul. PHOTO FMEL ACRYL’INK, FOURNIE PAR DARGAUD Photo d’AchdĂ© Ă  gauche et Jul inspirĂ©e des aventures de leur hĂ©ros En invoquant Bass Reeves dans leur rĂ©cit, Jul et AchdĂ© ont fait sortir de l’ombre un personnage mĂ©connu de la conquĂȘte de l’Ouest. Car l’homme a vĂ©ritablement existĂ©. Sa vie est un roman, lance le dessinateur AchdĂ©. Il a Ă©tĂ© esclave, s’est enfui pour aller vivre chez les Cherokees et les Seminoles, a eu sept enfants en plus d’ĂȘtre nommĂ© marshal adjoint par un juge fĂ©dĂ©ral. Ses exploits sont mythiques ! » En plus, ajoute Jul, il a une vraie dĂ©gaine cinĂ©matographique
 Si cet authentique hĂ©ros de l’Ouest figure aux cĂŽtĂ©s de Lucky Luke en couverture, ses apparitions au fil des cases sont moins nombreuses qu’on pourrait le croire. Les Dalton qui d’autre ? sont beaucoup plus prĂ©sents. C’est d’ailleurs par eux que naissent la grande majoritĂ© des gags Ă©maillant Un cow-boy dans le coton. Les Dalton ne comprennent rien de ce qui se passe ils prennent les Cajuns pour des Mexicains, les membres du Ku Klux Klan pour des AmĂ©rindiens
 Ils sont Ă  cĂŽtĂ© de la plaque du dĂ©but Ă  la fin. Ils sont comme nous tous, avec nos prĂ©jugĂ©s et notre ignorance de certains faits
 », dit Jul. IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton Équilibre entre rire et tragĂ©die Tant AchdĂ© que Jul tiennent Ă  le rappeler Lucky Luke est d’abord et avant tout une sĂ©rie d’action, destinĂ©e Ă  la jeunesse, oĂč le rire doit occuper une grande place. Or, comment faire rire avec, en trame de fond, les tragĂ©dies que sont l’esclavage et la sĂ©grĂ©gation ? Comment rester fidĂšle Ă  l’histoire avec un grand H sans montrer graphiquement Ă  des enfants les lynchages, les pendaisons, la torture ? IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton 1/2 C’est une dentelle particuliĂšre qu’il a fallu crĂ©er pour faire une comĂ©die Ă  partir d’un sujet qui est un crime contre l’humanitĂ©, estime Jul. J’ai mis quatre ans de travail dans cet album. J’ai lu de grands auteurs noirs de l’époque, des ouvrages plus rĂ©cents qui rĂ©flĂ©chissent Ă  la place des Noirs dans la culture populaire ainsi que des biographies des grands activistes noirs des annĂ©es 1950, 1960 et 1970. J’ai aussi interrogĂ© des universitaires français et des militants pour savoir comment toutes ces questions sont ressenties aujourd’hui. » De tous les albums que j’ai faits, c’est celui qui a demandĂ© le plus de travail et le plus d’imagination ; c’est celui qui a causĂ© le plus de douleurs Ă  l’accouchement. Mais c’est aussi celui dont je suis le plus fier. Jul, scĂ©nariste J’aurais pu faire un album un peu neutre de Lucky Luke, j’aurais pu esquiver le problĂšme. Mais je me suis dit que j’avais une responsabilitĂ©. Surtout que Lucky Luke est un personnage transgĂ©nĂ©rationnel, lu par toutes les classes sociales et les communautĂ©s. Il peut apporter un Ă©clairage trĂšs humain sur des sujets comme ceux abordĂ©s ici. » On n’est pas lĂ  pour donner de leçon ni pondre une thĂšse historique, ajoute AchdĂ©. D’ailleurs, tout ne peut pas rentrer dans un album de 44 pages. Comme disait Goscinny, on traite de sujets sĂ©rieux, mais pas sĂ©rieusement. » Des corps, des visages, des mots Pour le dessinateur, le dĂ©fi Ă©tait de reprĂ©senter les personnages afro-amĂ©ricains en respectant Ă  la fois l’ADN de la sĂ©rie et ceux qu’il reprĂ©sentait. Dans Lucky Luke, tous les personnages sont caricaturĂ©s. Il y a des visages diffĂ©rents, des beaux et des laids, autant chez les Blancs que chez les Noirs. L’important Ă©tait de ne pas faire de stĂ©rĂ©otypes, comme il y a 50 ans, avec ces personnages de race noire qui avaient de grosses lĂšvres rouges et de grands yeux blancs. Ces images sont insupportables ! » IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Extrait d’Un cow-boy dans le coton 1/2 Il ne pouvait pas non plus s’inspirer d’En remontant le Mississippi, seul album de Lucky Luke oĂč Morris et Goscinny ont mis en scĂšne des Afro-AmĂ©ricains, qui Ă©taient pour la plupart des travailleurs sur le bateau Ă  vapeur sur lequel Lucky Luke avait pris place. Ces personnages n’ont aucune incidence sur le dĂ©roulement de l’action ; ils font seulement partie du dĂ©cor », dit AchdĂ©. À sa sortie en 1961, l’album est d’ailleurs interdit aux États-Unis. Jul affirme aussi s’ĂȘtre interrogĂ© sur le vocabulaire qu’il devait ou non employer. Ainsi, il a dĂ©cidĂ© de mettre le mot qui commence par N dans la bouche d’un Blanc, furieux qu’un enfant noir ne lui ait pas cĂ©dĂ© le passage. C’est comme ça que les Blancs parlaient Ă  l’époque et c’est important pour moi de le dire. Ça ne sert Ă  rien de se cacher. Je sais bien qu’aux États-Unis, ce mot serait supprimĂ©, mais en France, on n’a pas cette pudibonderie. » Avec le dĂ©bat qui a divisĂ© l’opinion publique fin octobre au QuĂ©bec, le mot fera sans doute sursauter les lecteurs d’ici. Ma vision a complĂštement changĂ© lors du processus de crĂ©ation de cet album, poursuit Jul. J’ai dĂ©couvert qu’à l’époque de la conquĂȘte de l’Ouest, un cow-boy sur quatre Ă©tait Noir et la majoritĂ© des autres Ă©taient hispaniques. Ça change d’Hollywood, oĂč les Noirs sont invisibles dans les westerns
 » Comme ils le sont encore beaucoup dans la bande dessinĂ©e franco-belge classique, diront certains. C’est vrai, pour toutes sortes de raisons », admet Jul. Dans Lucky Luke, par exemple, on n’abordait pas historiquement de sujets polĂ©miques. Un album comme le nĂŽtre ne serait jamais passĂ© Ă  l’époque de Morris et Goscinny. La censure aurait jugĂ© qu’il n’était pas destinĂ© aux enfants. Jul, scĂ©nariste Encore aujourd’hui, les Noirs sont peu reprĂ©sentĂ©s dans la culture populaire en gĂ©nĂ©ral. Il y a une espĂšce d’automatisme Ă  mettre en scĂšne des personnages blancs. Il faut s’interroger sur cet automatisme. Par exemple, ma sĂ©rie Silex and the City se passe Ă  la prĂ©histoire. Je pourrais trĂšs bien y inclure des personnages noirs, mais je ne m’étais jamais posĂ© la question auparavant. » Verra-t-on ainsi une plus grande reprĂ©sentativitĂ© de la communautĂ© noire dans les prochaines aventures de Lucky Luke, sur lesquelles Jul a dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  plancher ? Ça me semblerait tout Ă  fait Ă©vident que parmi les personnages Ă©voluant dans ce fameux Far West, l’on trouve dĂ©sormais des personnages noirs, puisque c’était de fait une rĂ©alitĂ© de l’époque. Cette dĂ©couverte historique, si Goscinny et Morris l’avaient faite avant, je suis certain que cela serait devenu tout Ă  fait naturel. » IMAGE FOURNIE PAR DARGAUD Un cow-boy dans le coton, d’AchdĂ© et Jul Un cow-boy dans le coton. AchdĂ© et Jul. Dargaud. 44 pages. En librairie dĂšs le 25 novembre. L’avis des spĂ©cialistes Le spĂ©cialiste en BD PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC EN OUTAOUAIS Sylvain Lemay, professeur titulaire en bande dessinĂ©e Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec en Outaouais Sylvain Lemay, professeur titulaire en bande dessinĂ©e Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec en Outaouais C’est un excellent album. J’ai beaucoup aimĂ© le scĂ©nario, le rythme. Il y a beaucoup d’action, de jeux de mots pour un album de 44 pages. Et Jul a trouvĂ© un nouveau moyen d’évasion pour les Dalton. AprĂšs 80 albums, ce n’est pas rien ! L’arrivĂ©e d’un personnage central noir tombe Ă  point, avec les dĂ©bats actuels, tant ici qu’aux États-Unis. Dans la BD franco-belge classique, on n’a pas vu souvent des personnages positifs noirs occuper le premier plan. Il faut savoir que la bande dessinĂ©e s’est beaucoup construite sur des clichĂ©s. Je pense notamment Ă  la reprĂ©sentation graphique des Noirs, avec les lĂšvres trĂšs accentuĂ©es. C’est bien qu’une sĂ©rie grand public vienne corriger certaines perceptions. Il y a tout de mĂȘme des rĂ©alitĂ©s trĂšs dures de l’histoire des Noirs qui ne sont pas montrĂ©es ici, il faut le dire. » Le spĂ©cialiste en histoire de l’esclavage au QuĂ©bec PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL Webster Webster, artiste hip-hop et confĂ©rencier En gĂ©nĂ©ral, c’est un album intĂ©ressant, il y a des clins d’Ɠil qui m’ont bien fait rire, mais j’ai eu l’impression que les auteurs ont voulu tout rentrer d’un seul coup l’histoire des Noirs, l’esclavage, Martin Luther King, Oprah, Obama. Ça encombre un peu le rĂ©cit et, surtout, ça peut laisser croire que les auteurs voulaient rĂ©gler toute la question noire. Comme s’ils n’allaient plus jamais en parler. Comme s’ils cochaient une case sur une liste. Quant Ă  Bass Reeves, on le voit peu. Ce n’est pas une aventure conjointe entre Lucky Luke et lui. En ce qui concerne l’utilisation du mot qui commence en N, ils auraient pu l’éviter, puisque ce livre s’adresse Ă  des enfants. Je ne suis pas toujours partie prenante de l’enlever, mais ici, il ne faudrait pas que les enfants normalisent ce vocabulaire. Au pire, les auteurs auraient pu mettre un astĂ©risque pour expliquer le cadre historique et insister sur le fait qu’il s’agit d’une insulte. »

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